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	<title>Leslie Kaplan - Les outils</title>
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	<description>&#034;&#224; quoi sert la litt&#233;rature ?&#034;</description>
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		<title>Toute ma vie j'ai &#233;t&#233; une femme, quatri&#232;me de couverture</title>
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		<dc:creator>Leslie Kaplan</dc:creator>



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                Deux femmes sur sc&#232;ne, debout, assises, courant, s'arr&#234;tant, en tas, en vrac, en sac, parlent, se parlent, &#233;num&#232;rent, l&#233;gif&#232;rent, s'interrogent, se demandent, nous demandent, se jugent, se jaugent : mais c'est quoi ? c'est vous, c'est nous, c'est depuis longtemps, c'est ici et maintenant. Deux femmes, mais &#8220;femme&#8221; (&#8230;)
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&lt;a href="https://lesliekaplan.net/jouer/" rel="directory"&gt;jouer&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux femmes sur sc&#232;ne, debout, assises, courant, s'arr&#234;tant, en tas, en vrac, en sac, parlent, se parlent, &#233;num&#232;rent, l&#233;gif&#232;rent, s'interrogent, se demandent, nous demandent, se jugent, se jaugent : mais c'est quoi ? c'est vous, c'est nous, c'est depuis longtemps, c'est ici et maintenant. Deux femmes, mais &#8220;femme&#8221; n'est pas une cat&#233;gorie ni un genre, c'est un point d'appui, concret, mat&#233;riel, pour faire passer, faire circuler, des mots, des objets, des questions, des &#233;motions. Ce qui circule, c'est l'abondance, tout ce surplus de la soci&#233;t&#233;, tout ce que l'on consomme, nourriture, sexe, spectacle, ce qu'on mange, ce qu'on se met, dans la t&#234;te, sur le corps, tous ces mots en trop, toute cette b&#234;tise, toute cette pauvret&#233;, toute cette absence, de quoi, de sens, de but, de liens, de rapports, de sentiments, toute cette pr&#233;sence en creux, tout ce vide qui d&#233;borde. &lt;i&gt;No ideas but in things&lt;/i&gt;, disait William Carlos Williams, pas d'id&#233;es si ce n'est dans des choses, ici on pense avec des choses concr&#232;tes, des mots concrets, en situation et en dialogue, et le th&#233;&#226;tre vient de cette fa&#231;on. Le th&#233;&#226;tre : une forme d'&#233;tonnement, l'&#233;tonnement de prof&#233;rer des mots et des phrases, de les lancer devant soi et de les sentir voler, toucher, rebondir, l'&#233;tonnement devant le langage et ce qu'il y a dessous, devant la vie en somme, toute ma vie comme il est dit. C'est une histoire de trop et de pas assez, de tout et de rien, c'est politique, physique et m&#233;taphysique, c'est mettre en jeu ce paradoxe, parler et &#234;tre sexu&#233;, avoir des limites et &#234;tre illimit&#233;, et ce qui se passe sur sc&#232;ne nous tire aux quatre coins de l'existence, destin et projet, et que faire, on n'a qu'une vie, elle est ici et maintenant, et alors quoi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lesliekaplan.net/IMG/jpg/Pascal_Gely_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://lesliekaplan.net/IMG/jpg/Pascal_Gely_2.jpg?1344327744' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un homme libre, qu'est-ce que c'est</title>
		<link>https://lesliekaplan.net/jouer/article/un-homme-libre-qu-est-ce-que-c-est</link>
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		<dc:date>2012-05-26T16:03:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Leslie Kaplan</dc:creator>



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                Un homme libre, qu'est-ce que c'est ? c'est l'instituteur d'Imre Kert&#233;sz emmen&#233; dans un convoi pour Auschwitz qui garde la portion de nourriture de l'adolescent &#233;vanoui &#224; c&#244;t&#233; de lui et qui lui rend quand il se r&#233;veille, alors qu'il aurait pu, naturellement, la manger ; c'est Fritz Lang qui part pour Paris le (&#8230;)
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&lt;a href="https://lesliekaplan.net/jouer/" rel="directory"&gt;jouer&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un homme libre, qu'est-ce que c'est ?&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est l'instituteur d'Imre Kert&#233;sz emmen&#233; dans un convoi pour Auschwitz qui garde la portion de nourriture de l'adolescent &#233;vanoui &#224; c&#244;t&#233; de lui et qui lui rend quand il se r&#233;veille, alors qu'il aurait pu, naturellement, la manger ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Fritz Lang qui part pour Paris le 20 juillet 1933 en sortant du bureau de Goebbels qui vient de lui offrir la direction du cin&#233;ma allemand ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Simone Weil qui malgr&#233; tout ce que la bonne soci&#233;t&#233; fran&#231;aise lui renvoie d'injures et de calomnies fait voter la loi sur l'avortement ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un paysan du Chambon-sur-Lignon, il y en a eu beaucoup, qui a cach&#233; un enfant juif pendant la guerre sans m&#234;me se poser la question ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Miguel Angel Estrella enferm&#233; dans la prison de Liberta en Uruguay &#224; qui un tortionnaire vient dire, Je vais te casser les doigts, et qui lui r&#233;pond : Comme vous le savez, je suis pianiste, si vous faites cela, vous me supprimez ma raison de vivre, et je serai tr&#232;s triste pour vous ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est une femme d&#233;port&#233;e dans un camp d'extermination qui tous les jours se l&#232;ve et va se laver dans l'eau glaciale ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Sigmund Freud qui d&#233;couvre l'Inconscient et qui dit, Ils ne le savent pas mais nous leur apportons la peste ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un ouvrier pr&#233;pos&#233; &#224; la chaufferie &#224; qui son chef demande d'augmenter le rythme et qui refuse, s'en va, et ne remet plus jamais les pieds dans une usine ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Che Guevara, la jambe mitraill&#233;e, qu'un officier vient chercher pour le tuer et qui se met debout en disant, Tu vas voir comment meurt un homme libre ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un homme qui a pass&#233; sa vie en prison en subissant le pire et qui sort avec un visage ouvert, radieux. Nelson Mandela.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est une femme qui a toujours pens&#233; qu'elle &#233;tait l'&#233;gale de l'homme ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Bartleby le copiste de Melville qui un jour arr&#234;te tout en disant, I prefer not to, Je pr&#233;f&#232;re ne pas. Quand on finit par le mettre en prison et que son ancien patron vient le consoler, Regarde le ciel bleu, regarde l'herbe verte, il r&#233;pond seulement, I know where I am, Je sais o&#249; je suis.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Gisela Pankow qui re&#231;oit chez elle pour la premi&#232;re fois le fr&#232;re d'un patient schizophr&#232;ne qu'elle a suivi, qui a l'intuition brutale que cet homme vient pour la tuer, et qui lui dit, Mais qu'est-ce que vous ferez de mon cadavre ? &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Fran&#231;oise Dolto &#224; qui une patiente t&#233;l&#233;phone en lui disant qu'elle va se suicider et qui apr&#232;s l'avoir &#233;cout&#233;e raccroche en disant, Je vous garde toute mon estime ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Baruch Spinoza qui n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;courag&#233;, qui ne s'est jamais arr&#234;t&#233; de penser, malgr&#233; les pers&#233;cutions et l'excommunication de sa communaut&#233; ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Y&#233;huda Lerner qui &#224; dix-sept ans d&#233;guis&#233; en tailleur et arm&#233; d'une hache organise avec d'autres la r&#233;volte du camp de Sobibor o&#249; tous les nazis sont tu&#233;s ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Franz Kafka qui n'a jamais r&#233;ussi &#224; se marier mais qui peut, en imaginant la Statue de la Libert&#233;, voir, &#224; la place de la torche, un glaive ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un homme qui dit, alors qu'il est enferm&#233; &#224; Dachau, &#8220;La nuit &#233;tait belle&#8221;. Robert Antelme.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Katow qui donne son cyanure &#224; son voisin qu'il entend pleurer alors qu'ils attendent avec des dizaines d'autres prisonniers d'&#234;tre jet&#233;s vivants dans les chaudi&#232;res bouillantes des locomotives de Tchang-Kai-Tchek ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est une vieille dame &#224; qui deux jeunes gens viennent de prendre tous ses bijoux et qui dit, Peut-&#234;tre ils ne savent faire que &#231;a ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est chacune des m&#232;res de la place de Mai &#224; Buenos Aires ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est John Cassavetes qui a mis, combien d'ann&#233;es, pour faire avec sa famille et ses amis, Faces ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est David Rousset qui &#233;crit dans L'univers concentrationnaire : &#8220;Les hommes raisonnables ne savent pas que tout est possible&#8221; ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est une femme qui n'a peur de rien, de rien, de rien, qui n'est intimid&#233;e ni par Nietzsche, ni par Rilke, ni par Freud, et qui aime par dessus tout la rencontre, avec Nietzsche, avec Rilke, avec Freud. Lou Andreas Salom&#233;.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est James Baldwin, noir, homosexuel, qui s'exile de New-York o&#249; il ne peut pas vivre et qui dit, I want to be an honest man and a good writer, Je veux &#234;tre un homme honn&#234;te et un bon &#233;crivain ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Paul C&#233;zanne tout seul qui veut donner &#8220;la v&#233;rit&#233; en peinture&#8221; et qui la peint ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Charles Chaplin qui dans chacun de ses gags va &#224; l'encontre de la r&#233;alit&#233; opprimante, l'usine, la prison, la mis&#232;re, et par-dessus tout, la b&#234;tise, la b&#234;tise, la b&#234;tise ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est Hannah Arendt qui &#233;crit Eichmann &#224; J&#233;rusalem et qui montre que la banalit&#233; du mal ce n'est pas que le mal est banal mais qu'il peut &#234;tre le fait de personnes compl&#232;tement banales ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est un homme qui au plus fort de la guerre enrag&#233;e contre l'int&#233;gration dit, I have a dream, Je fais un r&#234;ve. Martin Luther King ;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c'est le prince Egmont qui s'oppose sans h&#233;siter &#224; la tyrannie du roi d'Espagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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